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Le maire de Berlin renonce à se représenter sur fond de scandale
information fournie par AFP 10/07/2026 à 20:21

Le maire de Berlin Kai Wegner, le 3 janvier 2026 à Berlin lors d'une panne d'électricité ( AFP / Tobias SCHWARZ )

Le maire de Berlin Kai Wegner, le 3 janvier 2026 à Berlin lors d'une panne d'électricité ( AFP / Tobias SCHWARZ )

Le maire conservateur de Berlin Kai Wegner a renoncé vendredi à briguer un second mandat, à deux mois des élections dans la capitale allemande, embourbé dans sa gestion de crise en réaction à une coupure d'électricité massive d'origine criminelle en janvier.

"Je renonce à être tête de liste", a dit au cours d'une conférence de presse M. Wegner, 53 ans, qui dirigeait la municipalité depuis avril 2023 au sein d'une coalition avec les sociaux-démocrates.

"Je n'y arrive plus, je ne parviens plus à faire passer des messages, parce qu'un autre débat prend le dessus sur tout le reste", a reconnu le chef de file de l'Union démocrate-chrétienne (CDU) berlinoise, en perte de vitesse dans les sondages.

Vendredi soir, l'adjoint aux Finances Stefan Evers, âgé de 46 ans, a été désigné pour le remplacer en tant que tête de liste de la CDU, a appris l'AFP auprès de sources dans ce parti.

Selon un récent sondage de l'institut Infratest dimap, la CDU ne recueille plus désormais que 17% des voix, reculant à la 4e place derrière la gauche radicale, les écologistes et l'extrême droite, alors qu'elle était encore en première position au printemps.

Tennisgate

Sa renonciation est la conséquence de plusieurs révélations embarrassantes sur la façon dont il avait adapté son agenda personnel à la coupure d'électricité du 3 janvier.

Des agents de maintenance sur le site où un incendie criminel visant des câbles à haute tension, survenu le 3 janvier 2026, près de la centrale électrique de Lichterfelde, provoquant une panne d'électricité massive, le 6 janvier 2026 à Berlin ( AFP / Odd ANDERSEN )

Des agents de maintenance sur le site où un incendie criminel visant des câbles à haute tension, survenu le 3 janvier 2026, près de la centrale électrique de Lichterfelde, provoquant une panne d'électricité massive, le 6 janvier 2026 à Berlin ( AFP / Odd ANDERSEN )

Ce jour-là, en pleine vague de froid hivernale, l'incendie criminel d'une installation électrique dans le sud-ouest de Berlin avait plongé dans le noir plus de 100.000 personnes, privé certains de chauffage, coupé les réseaux mobiles et internet et paralysé les transports en commun.

Quelque 45.000 foyers sont restés sans courant pendant près d'une semaine.

Très vite, Kai Wegner est pointé du doigt pour ne s'être pas rendu sur place en soutien aux personnes touchées et pour une pause tennis qu'il s'est accordé à la mi-journée.

Il ne cessera par la suite d'être l'objet de moqueries pour ce "tennisgate".

Le maire se défend en expliquant avoir été plus utile à passer ses appels à distance, de son domicile, ce qu'il a dit à plusieurs reprises avoir fait tout le reste de la journée, et ce dès 8h00 du matin.

Or, selon le relevé des communications du maire, révélé mardi par le journal Tagesspiegel après une bataille judiciaire, aucun appel officiel n'a été passé avant 12h45, le maire ayant jusque-là échangé par SMS.

Ses déclarations publiques contredites, Kai Wegner est redevenu la cible des autres partis, le candidat social-démocrate Steffen Krach estimant qu'il avait "gravement porté atteinte" à ses fonctions et s'était "disqualifié".

"Oui, j'ai commis des erreurs de communication" et "c'était vraiment une bêtise", a déclaré vendredi M. Wegner, qui avait admis ces erreurs dès fin mars.

En revanche, "sur le fond, je n'ai rien à me reprocher. Nous avons fait du bon travail" pour rétablir le courant, a-t-il affirmé.

Finances en souffrance

Les élections à Berlin - qui est à la fois une ville et l'un des 16 Etats régionaux allemands - se dérouleront le 20 septembre. Une coalition entre partis de gauche semble en l'état actuel des enquêtes d'opinion l'option la plus plausible.

A l'image de l'Allemagne, en plein marasme économique et dont les infrastructures paient des années de sous-investissement, Berlin doit faire face à des moyens financiers en souffrance et à une lourdeur administrative qui pèsent sur ses services publics.

Travaux interminables, ramassage des ordures défaillant, pénurie de logements dans un contexte de hausse rapide des loyers en sont les principales traductions.

Les difficultés de M. Wegner et de la CDU berlinoise font écho à celles de Friedrich Merz, un chancelier à l'impopularité record après un peu plus d'un an à ce poste, là aussi au sein d'une coalition avec le SPD.

La CDU est désormais largement devancée dans les sondages nationaux par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pourrait s'imposer dans les deux autres scrutins régionaux de septembre, à savoir dans la Saxe-Anhalt et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, situés dans l'est, son bastion électoral.

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